Verrues virales : infection par le VPH et options de traitement
févr., 24 2026
Les verrues virales sont plus qu’un simple problème esthétique. Ce sont des excroissances bénignes de la peau causées par le virus du papillome humain (VPH). Elles peuvent apparaître sur les mains, les pieds, le visage ou les genoux, et même si elles disparaissent souvent spontanément, beaucoup de gens veulent les faire disparaître plus vite - parce qu’elles font mal, parce qu’elles gênent, ou simplement parce qu’elles ne ressemblent à rien de normal.
Quels types de verrues existent ?
Il n’y a pas une seule sorte de verrue. Le VPH compte plus de 100 souches différentes, et chaque type cible une zone du corps spécifique. Les verrues communes (verruca vulgaris), souvent rugueuses et grises, apparaissent surtout sur les doigts ou les ongles. Elles sont causées par les types 1, 2 et 4 du VPH. Les verrues planes, plus lisses et de couleur chair, se trouvent souvent sur le visage ou le dos des mains. Elles viennent des types 3 et 10. Quant aux verrues plantaires, elles poussent sous la plante des pieds. Elles sont douloureuses parce qu’elles sont pressées par le poids du corps. Leur cause ? Les types 1, 2, 4, 60 et 63.
En Australie, jusqu’à 24 % des enfants et 5 % des adultes en ont au moins une, selon une revue de 2022. Même si ces chiffres viennent d’Australie, les taux sont similaires dans de nombreuses régions du monde. Les enfants sont plus touchés, probablement parce qu’ils ont plus de contacts avec des surfaces contaminées - les piscines, les vestiaires, les sols des gymnases - et parce que leur système immunitaire n’a pas encore appris à reconnaître le virus.
Les verrues disparaissent-elles toutes seules ?
Oui. Et c’est une bonne nouvelle. Environ 60 à 70 % des verrues disparaissent naturellement en moins de deux ans, sans traitement. Le système immunitaire finit par les repérer et les éliminer. Mais le problème, c’est que ce délai est long. Et pendant ce temps, la verrue peut s’agrandir, se multiplier, ou se propager à d’autres parties du corps ou à d’autres personnes. C’est pour ça que tant de gens cherchent un traitement plus rapide.
Les traitements disponibles : trois grandes familles
Il existe trois façons principales de traiter une verrue : des produits appliqués sur la peau, des méthodes physiques, et des traitements qui stimulent l’immunité.
1. Les traitements topiques : acide salicylique et acide trichloroacétique
L’acide salicylique est la première ligne de traitement. Il est vendu sans ordonnance, sous forme de solutions, de patchs ou de gels. Il fonctionne en détruisant doucement les cellules de la verrue. La méthode classique ? Tremper la verrue dans de l’eau chaude pendant 10 minutes, la râper légèrement avec une pierre ponce, puis appliquer l’acide. Répéter tous les jours. En moyenne, ça prend 6 à 12 semaines pour voir un résultat. Mais les études montrent que ce traitement réussit dans 84 % des cas de verrues plantaires - un chiffre impressionnant pour un traitement en vente libre.
L’acide trichloroacétique (TCA), lui, est utilisé en cabinet médical. Il est plus fort que l’acide salicylique. Le dermatologue le pose directement sur la verrue après avoir gratté la surface pour permettre une meilleure pénétration. Il détruit les tissus par coagulation. Il est particulièrement efficace pour les verrues sur les mains, les pieds ou les verrues planes. Mais attention : il peut brûler, laisser des taches pigmentaires, ou même cicatriser si mal utilisé.
2. Les méthodes physiques : cryothérapie, électrochirurgie, laser
La cryothérapie (gelée au diazote) est l’une des méthodes les plus courantes en cabinet. Le médecin applique un jet de diazote liquide sur la verrue pendant 10 à 20 secondes. Ça gèle les tissus jusqu’à 2 à 3 mm au-delà de la verrue visible. Le traitement est répété toutes les 2 à 3 semaines. En moyenne, il faut 3 à 6 séances pour y arriver. Une étude de 2023 a comparé la cryothérapie à l’acide salicylique : les deux ont donné des résultats similaires. Mais il y a un piège : si on attend 4 semaines entre les séances au lieu de 2 ou 3, l’efficacité tombe de 75 % à 40 %. La régularité compte.
L’électrochirurgie et le laser sont réservés aux cas récalcitrants. L’électrochirurgie brûle la verrue avec une fine aiguille chauffée. Le laser, comme le VBeam, cible les petits vaisseaux sanguins qui nourrissent la verrue. Il est plus précis, mais aussi plus cher. La peau devient noire après le traitement, puis la verrue tombe en 1 à 2 semaines. Ces méthodes ne sont pas douloureuses si elles sont bien faites, mais elles nécessitent un professionnel expérimenté.
3. Les traitements immunologiques : imiquimod
Quand les autres traitements échouent, on peut essayer imiquimod. Ce crème n’élimine pas directement la verrue. Elle réveille le système immunitaire local pour qu’il attaque le virus. C’est un peu comme appeler les gardes du corps pour qu’ils chassent les intrus. Elle est appliquée 3 fois par semaine pendant plusieurs semaines. Elle peut provoquer une rougeur, une démangeaison ou une inflammation - ce qui est en fait un bon signe : ça veut dire que l’immunité réagit. Elle a été utilisée avec succès sur des verrues qui avaient résisté à l’acide salicylique et à la cryothérapie.
Quels traitements éviter ?
Les chirurgies classiques - couper la verrue avec un scalpel - sont déconseillées. Elles laissent souvent des cicatrices, et le virus peut réapparaître juste à côté. Les traitements comme le nitrate d’argent, le phénol, ou l’acide citrique sont parfois utilisés, mais il y a très peu de preuves scientifiques solides qu’ils fonctionnent vraiment. La même étude qui a examiné 15 traitements différents a conclu que seul l’acide salicylique et la cryothérapie ont des données fiables.
Comment choisir le bon traitement ?
Il n’y a pas de solution universelle. Tout dépend de :
- La localisation : Une verrue plantaire est plus difficile à traiter qu’une verrue sur le doigt.
- Le nombre : Si vous en avez plusieurs, les traitements topiques sont plus pratiques.
- L’âge : Les enfants tolèrent mieux les traitements doux comme l’acide salicylique.
- La douleur : La cryothérapie peut être douloureuse. L’imiquimod peut irriter la peau.
- Le temps : Vous avez 3 semaines pour attendre ? Allez-y avec l’acide. Vous voulez un résultat rapide ? La cryothérapie en cabinet est plus efficace.
Le Dr. Carrie L. Kovarik, dermatologue, le dit clairement : « Très peu de traitements ont été testés par des essais cliniques rigoureux. » Ce qui veut dire que beaucoup de choix reposent sur l’expérience du médecin, pas sur des données massives.
Prévenir la propagation
Une verrue n’est pas seulement un problème pour vous. Elle peut se propager. Le VPH se transmet par contact direct ou par des surfaces contaminées - les serviettes, les chaussons, les sols des douches publiques. Voici ce qu’il faut faire :
- Ne touchez pas la verrue, puis ne touchez pas d’autres parties de votre peau.
- Ne vous rasez pas au même endroit où vous avez une verrue.
- Utilisez des chaussons dans les vestiaires et les piscines.
- Ne partagez pas les pierres ponce, les coupes-ongles, ou les serviettes.
- Changez vos chaussettes tous les jours si vous avez une verrue plantaire.
Le Dr. William Warren Kwan insiste : « Pour réduire la transmission, il faut adopter des habitudes d’hygiène - même pendant le traitement. » Sinon, vous pouvez vous réinfecter, ou infecter quelqu’un d’autre.
Combien de temps ça prend ?
Il faut être patient. Même les traitements les plus efficaces ne marchent pas en une seule séance. L’acide salicylique demande des semaines. La cryothérapie demande plusieurs rendez-vous. L’imiquimod, plusieurs mois. Il n’y a pas de solution magique. Ce qui marche pour un patient ne marche pas forcément pour un autre. Et même si la verrue disparaît, le virus peut rester dormant dans la peau. Il peut réapparaître, surtout si votre système immunitaire est affaibli.
Quand consulter un médecin ?
Vous devriez voir un dermatologue si :
- La verrue est douloureuse, saigne, ou change de couleur.
- Elle ne bouge pas après 2 à 3 mois de traitement à la maison.
- Vous avez plusieurs verrues qui se multiplient rapidement.
- Vous avez un système immunitaire affaibli (diabète, traitement immunosuppresseur, etc.).
Un dermatologue peut faire un diagnostic précis - parfois, ce n’est pas une verrue, mais un autre problème cutané. Et il peut proposer des options plus puissantes, comme des traitements combinés : par exemple, appliquer de l’acide salicylique en parallèle avec la cryothérapie. Une étude de 1976 a montré que cette combinaison réussissait dans 78 % des cas - bien mieux que chacun seul.
Le futur du traitement
Les chercheurs travaillent sur de nouvelles approches. Des traitements ciblés contre des souches spécifiques du VPH, des vaccins topiques, des patchs intelligents qui libèrent des molécules immunitaires. Mais pour l’instant, les options restent limitées. Ce qui compte, c’est de ne pas se décourager. Même si le traitement prend du temps, la plupart des verrues finissent par disparaître - avec ou sans intervention.
Les verrues virales peuvent-elles devenir cancereuses ?
Non. Les verrues virales courantes (sur les mains, les pieds ou le visage) sont causées par des souches du VPH à faible risque, comme les types 1, 2 ou 4. Elles ne deviennent jamais cancéreuses. Seules certaines souches du VPH (comme les types 16 et 18) sont liées au cancer du col de l’utérus, et elles ne causent jamais de verrues cutanées. Les verrues que vous voyez sur la peau sont bénignes et inoffensives sur le plan oncologique.
Est-ce que les patchs à l’acide salicylique sont meilleurs que les gels ?
Cela dépend de la verrue. Les patchs sont pratiques pour les verrues plantaires - ils maintiennent le produit en contact direct et protègent la peau autour. Les gels ou solutions sont plus adaptés pour les verrues sur les doigts ou le visage, où il faut une application plus précise. Les deux contiennent le même principe actif. Ce qui compte, c’est de les appliquer régulièrement, après avoir ramolli la peau avec de l’eau chaude.
La cryothérapie fait-elle mal ?
Oui, un peu. Pendant l’application, vous ressentez une sensation de froid intense, puis une brûlure. Après, la peau devient blanche, puis gonflée, et peut former une ampoule. Ce n’est pas insupportable, mais c’est désagréable. Pour les enfants, on peut appliquer un anesthésiant local avant. La douleur est généralement supportable, surtout si les séances sont espacées de 2 à 3 semaines, comme recommandé.
Pourquoi certaines verrues reviennent-elles après traitement ?
Parce que le virus reste dans la peau. Même si la verrue disparaît, le VPH peut rester dormant dans les cellules environnantes. Si votre système immunitaire est affaibli (stress, maladie, manque de sommeil), il peut se réveiller et en faire repousser une nouvelle. C’est pourquoi il est important de continuer à pratiquer une bonne hygiène et de ne pas gratter ou râper la zone après traitement.
Est-ce que les remèdes naturels marchent (comme l’ail ou le vinaigre) ?
Il n’y a aucune preuve scientifique solide que l’ail, le vinaigre ou d’autres remèdes maison soient efficaces contre les verrues. Certains patients disent qu’ils ont eu de la chance, mais ce sont des cas isolés. Ces méthodes peuvent même irriter la peau ou provoquer des brûlures. Il vaut mieux s’en tenir aux traitements testés : acide salicylique, cryothérapie, ou imiquimod. Leur efficacité est documentée dans des études cliniques.
Louis Ferdinand
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